jeu 28 février (21h00)

Cheptel, Nouvelles du parc humain

MICHEL SCHWEIZER

France

AVEC RESODANSE

Avec Cheptel, Nouvelles du parc humain, Michel Schweizer choisit d’inviter une communauté d’enfants à vivre une expérience artistique. Il s’agit de créer les conditions qui conduisent ces jeunes à un usage libéré et assumé de la parole. Ils trouvent une urgence à adresser à la collectivité adulte ce que leur présence au monde provoque comme impressions, remarques, questions. Qu’ont-ils à nous dire aujourd’hui ? Allons-nous les croire ? Cheptel s’offre à nous comme une expérience chorégraphique et théâtrale des plus stimulantes.

MICHEL SCHWEIZER (France)
Michel Schweizer n’est pas diplômé en biologie moléculaire. Ne cherche pas à « susurrer la danse à l’oreille ». Ne l’a jamais étudiée à Berlin, Paris ou New York. Ne l’a pas pour autant découverte à l’âge de quatre ans. N’a toujours pas engagé de plan d’épargne logement. Ne refuse pas la rencontre. N’a pas eu la chance d’apprécier l’évidence de « la première fois ». Ne saurait envisager son activité sans une profonde méfiance. Ne pourrait trouver d’autre mot pour définir ce qu’elle lui occasionne : du luxe. N’a toujours pas eu l’occasion de sourire de son prochain investissement : un costume Hugo Boss. Ni celle de réagir à sa paradoxale acclimatation au dehors. N’a toujours pas relu tout Deleuze. N’a pas la prétention de dire qu’il se trouve prétentieux. Ne travaille pas à « faire vibrer son sacrum ». Ne suppose pas la production sans ce(ux) qui la génère(nt) et l’autorise(nt). N’a pas lu La vie sexuelle de Catherine M.. Ne feuillette que très rarement Les Échos ou La Tribune pour les pages publicitaires ou offres d’emploi. Regrette de ne pas avoir pu faire des études d’architecture, d’éthologie, de sciences du langage ou de design. Profite de l’enchantement que lui procure son appartenance à la « classe créative » de ce pays. A abandonné tout hédonisme et égocentrisme ludique et accepté l’exubérance déclinante de ses capacités cérébrales. Absorbe chaque matin 4 grammes de Selenium ACE Progress 50, parce que l’âge n’est pas une fatalité. Évite de penser que 7 000 litres de sang circulent quotidiennement dans son cœur. Éprouve un certain appétit à expérimenter les « choses » dont il se sent incapable. Depuis plus de quinze ans, il convoque et organise des communautés provisoires. S’applique à en mesurer les degrés d’épuisement. Ordonne une partition au plus près du réel. Se joue des limites et des enjeux relationnels qu’entretient l’art, le politique et l’économie. Porte un regard caustique sur la marchandisation de l’individu et du langage. Se pose en organisateur. S’entoure de prestataires « tendance », « confirmés » ou « déficitaires ». Provoque la rencontre. Nous invite à partager une expérience dont le bénéfice dépendrait de notre seule capacité à accueillir l’autre, à lui accorder une place. Cela présupposant ceci : être capable de cultiver la perte plutôt que l’avoir.

infos pratiques

Grand Théâtre, Le Quartz

1h15
TARIFS > 12 € OU PASS

video

distribution

Conception, scénographie et direction Michel Schweizer
Avec Zakary Bairi, Aliénor Bartelmé, Lise-Anne Bouchereau,
Hélie-Rose Dalmay, Anouk Lemaine, Zoé Montaye, Rémi Plages,
Pascal Quéneau, Nils Teynié

Collaboration artistique Cécile Broqua
Collaboration chorégraphique Ghyslaine Gau
Création lumière Eric Blosse / Conception sonore Nicolas Barillot

Production 2017 La Coma
Coproduction Théâtre d’Arles, Scène conventionnée pour les nouvelles écritures ; Théâtre de Lorient, centre dramatique national ; Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, Scène nationale ; Carré-Colonnes, Scène cosmopolitaine Saint-Médard-Blanquefort I Espaces Pluriels, Scène conventionnée danse, Pau I OARA (Office artistique régional nouvelle Aquitaine)