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jeu 3 mars 2016 (22h30)

Tombouctou, déjà-vu

EMMANUELLE VO-DINH
France

CRÉATION AU FESTIVAL D’AVIGNON 2015

Tombouctou, déjà-vu met en scène 7 personnages qui forment une petite communauté, symbolisant une “étrange petite république, si logique et si grave, si positive, si minutieuse, si économe et cependant victime d’un rêve si vaste et si précaire” (Maurice Maeterlinck, La vie des abeilles).

Fantasque, fantasmée, archaïque, cette communauté rassemble plusieurs individus dont les liens se réinventent par l’intermédiaire de consignes empruntées aux “stratégies obliques” de Brian Eno, lues à haute voix et à tour de rôle par chacun d’entre eux. Construite sur un mode cyclique, la pièce ouvre sur une scène inaugurale (un “paysage chorégraphique blanc”) qui va se répéter et à partir de laquelle différentes résolutions chorégraphiques et vocales sont proposées.
À travers cet éternel recommencement, se lit en creux tout ce qui construit l’individu dans sa relation à l’autre, aussi bien dans la quête idéale d’une fusion fraternelle et/ou amoureuse que dans des relations sociales où se joue l’exercice du pouvoir et de la domination.
À plusieurs reprises, des échappatoires apparaissent, et ouvrent un espace de liberté qui s’apparente à une décompensation psychique où se cotoient le rêve, la solitude et le sentiment de dépersonnalisation. Quelques fragments du roman initiatique Les grands bois de l’écrivain autrichien Adalbert Stifter, ponctuent ces trêves en décrivant un paysage sensoriel où la description de grands espaces prend des allures de contes.

EMMANUELLE VO-DINH
Formée à la danse classique et initiée à l’héritage américain, Emmanuelle Vo-Dinh enrichit son apprentissage à la Merce Cunningham School à New York. De retour en France, elle est interprète de François Raffinot de 1991 à 1996. En 1997, elle fonde la compagnie Sui Generis. En 1999, elle est lauréate d’une bourse Villa Médicis Hors les murs pour ses recherches liées à la création Texture/Composite, pour laquelle elle reçoit le Prix d’Auteur aux Rencontres chorégraphiques internationales de Bagnolet en 2000, et qui sera présentée à Danspace Project à New York en 2002. En janvier 2012, Emmanuelle Vo-Dinh prend la direction du Phare, Centre chorégraphique national du Havre Haute-Normandie, avec un projet artistique ouvert à la pluralité des écritures. Si, dans un premier temps, elle s’attache à l’écriture de la danse, sa méthodologie évolue progressivement vers la conception de processus ouverts offrant une place conséquente à l’improvisation en studio. Plusieurs créations ancrent par ailleurs des relations étroites avec des recherches scientifiques ou anthropologiques sur l’être humain, la relation amoureuse, l’absence ou encore l’absence d’émotion ou la schizophrénie. Le monde de l’art lui suggère aussi des appuis de travail : entre figuration et abstraction depuis les arts visuels, mais aussi les relations à la musique lorsque le corps dansant se confronte aux partitions de Beethoven, de Dusapin, de Zeena Parkins ou de Gérard Grisey par exemple. Si ses structures chorégraphiques font souvent appel au minimalisme, allant jusqu’à la répétition et la déclinaison d’un seul et même motif (Sprint), Emmanuelle Vo-Dinh s’intéresse avant tout au temps, à sa perception et à sa relation à la mémoire et au souvenir. Longtemps absente, la narration parcellaire, fait son apparition dans ses dernières créations (Tombouctou déjà-vu notamment) : une nouvelle approche du corps, de sa relation à l’autre, du temps et du point de vue. Emmanuelle Vo-Dinh répond par ailleurs volontiers à des invitations : création pour danseurs amateurs avec Rainbow en collaboration avec David Monceau, collaboration avec l’écrivain Jérôme Mauche pour le festival Concordan(s)e. À partir de 2011, avec Histoires Exquises, elle invite des chorégraphes à créer un solo à partir d’un témoignage oral, point de départ pour partager avec le public la question des processus de création. Cette volonté de partage et une curiosité pour toutes les approches de la danse vont animer son projet pour le CCN du Havre, en faire une plateforme pluri-chorégraphique. Depuis 2014, elle préside l’Association des Centres Chorégraphiques Nationaux, mise en réseau des 19 CCN du territoire. Emmanuelle Vo-Dinh a par ailleurs été nommée Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres en juillet 2014.

infos pratiques

Petit Théâtre, Le Quartz
1h35
8€ ou PASS

video

distribution

Conception et scénographie Emmanuelle Vo-Dinh
Interprétation Gilles Baron, Maeva Cunci, Cyril Geeroms, Camille Kerdellant, Nadir Louatib, David Monceau, Shantala Pèpe
Regard dramaturgique Stéphane Laudier
Musique originale David Monceau, Emmanuelle Vo-Dinh
Musiques additionnelles Richard Wagner, David Bowie
Extraits littéraires Les grand bois de Adalbert Stifter, traduction de Henri Thomas, édition Gallimard
Création lumière Françoise Michel
Diffusion sonore Hubert Michel
Préparation vocale Jean-Baptiste Veyret-Logérias
Préparation physique Sarah Degraeve
Construction scénographie Christophe Gadonna
Costumes Salina Dumay

Production Le Phare, Centre chorégraphique national du Havre Normandie
Coproductions Le Volcan, Scène nationale du Havre / Baryshnikov Arts Center, New York / Dieppe Scène Nationale
Avec le soutien du Lower Manhattan Cultural Council et de l’Institut Français pour la résidence au Baryshnikov Arts Center et au Lower Manhattan Cultural Council (New York).
Le Phare, Centre chorégraphique national du Havre Normandie, est subventionné par la DRAC Normandie / Ministère de la Culture et de la Communication, la Région Normandie, la Ville du Havre, le Département de Seine-Maritime et le Département de l’Eure.
Le Phare remercie son cercle des mécènes : Ets Hettier (Le Havre), la CRAM (Le Havre), Fricourt Environnement Recyclage, Momo La Récup (Amiens), NPC (Alizay).
Remerciements à Mikhail Baryshnikov, Sam Miller, Jean-François Driant, Philippe Cogney et l’équipe de Dieppe Scène Nationale, Sabine Macher, Julie Perrin, Nicolas Simon.

Tournée :
Le 22 mars 2016 : L’Arsenal, Val-de-Reuil, Evreux Louviers