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mar 1er mars 2016 (19h00)

Singspiele

MAGUY MARIN, DAVID MAMBOUCH, BENJAMIN LEBRETON
France

« L’histoire de chacun se fait à travers le besoin d’être reconnu sans limite ; l’amitié désigne cette capacité infinie de reconnaissance. Imaginer que ce besoin soit constamment celui d’autrui, que l’autre comme nous-même soit livré à cette exigence et acharné à obtenir réponse, qu’il se dévore lui-même et qu’il soit comme une bête si la réponse ne vient pas, c’est à quoi on devrait s’obliger et c’est l’enfer de la vie quand on y manque. Le chemin de la reconnaissance, c’est l’infini : on fait deux pas, on-ne-peut-pas-tout-faire, mais personne n’ose justifier autrement que par un petit cynisme le recul devant une telle tâche… », Robert Antelme, Les principes à l’épreuve, 1958.

C’est à partir de ce fragment d’un texte de Robert Antelme que nous avons souhaité donner place et attention à des visages, anonymes ou reconnaissables, qui, apparaissant, captent notre regard avec l’étrangeté d’une perception, inintelligible dans l’immédiat. Travail d’écoute de ce que précisément ou confusément ces visages nous disent de leurs corps absents, l’histoire particulière que ces visages muets portent, et qui nous échappera toujours. Ils nous parlent d’un lieu que J.-L. Nancy nomme « le parler du manque de parole », un lieu « d’avant ou d’après la parole » dans Penser l’image, paru aux éditions Les Presses du réel en 2010. Quels mystères irréductibles se cachent derrière cette constellation de sensations qui nous arrive au contact d’autrui ? Du visage d’autrui ? Une épiphanie qui déborde ses expressions, révélant alors l’invisible d’un individu singulier là devant nous.
Maguy Marin

Singspiele est une petite forme pour un acteur-danseur qui travaille le masque. David Mambouch fait défiler un grand nombre de visages sur son corps en métamorphoses constantes : chaque masque déclenche une gestuelle, des postures différentes, liées de manière essentielle au visage apparu. Tout va assez vite, mais chaque individualité a le temps de se constituer, d’émerger dans l’attitude, la pose d’un bras, une flexion du torse, l’inclinaison de la tête. « Rencontrer un homme, c’est être tenu en éveil par une énigme », écrit Emmanuel Levinas, philosophe tutélaire de ce spectacle. L’interprète passe d’un vieux à un jeune, d’un sportif à un philosophe, d’un inconnu à une figure emblématique. Sans un mot. Simplement sur le petit chantonnement de la vie qui passe, un lied de Schubert. Singspiele est une frise d’humanité, réflexion sur l’identité, sur la singularité et l’universel.

MAGUY MARIN
Après avoir étudié la danse classique au conservatoire de Toulouse et au ballet de Strasbourg, Maguy Marin rejoint, en 1970, l’École Mudra à Bruxelles. Elle participe ensuite à un groupe de recherche théâtrale, Chandra. Par la suite, quatre saisons durant, elle est soliste pour le Ballet du XXe siècle sous la direction de Maurice Béjart, et tente ses premières expériences de chorégraphie. Son travail de création s’amorce aux côtés de Daniel Ambash et se concrétise par le prix obtenu au Concours chorégraphique international de Bagnolet en 1978. Au début des années 1980, son style se tourne vers un pendant français de la Tanztheater, développé en Allemagne par Pina Bausch, en intégrant de nombreux éléments théâtraux et non dansés dans ses chorégraphies. Elle devient une des chorégraphes les plus importantes de la Nouvelle danse française en créant, en 1981, May B., au Centre national de danse contemporaine d’Angers. De 1980 à 1990, portée par la confiance de l’équipe de la Maison des arts de Créteil, la recherche se poursuit avec Christiane Glik, Luna Bloomfield, Mychel Lecoq et la complicité de Montserrat Casanova. La compagnie devient ainsi en 1985 le Centre chorégraphique national de Créteil et du Val-de-Marne.
En 1987, une rencontre avec le musicien-compositeur Denis Mariotte amorce une collaboration décisive. Après de nombreuses pièces nées de leur collaboration, leur dialogue prend la forme, en 2004, d’un duo intitulé : Ça quand même.
Entre 1998 et 2011, Maguy Marin prend la direction du Centre chorégraphique national de Rillieux-la-Pape. En 2008, elle reçoit un Bessie Award à New York pour son spectacle Unwelt présenté au Joyce Theater. En janvier 2015, Maguy Marin et sa compagnie s’installent à ramdam, ancienne menuiserie située dans l’agglomération de Lyon, et y déploient un nouveau projet en collaboration avec l’actuelle équipe du lieu : RAMDAM, un centre d’art.

infos pratiques

Petit Théâtre, Le Quartz
1h
8€ ou PASS

video

distribution

Conception Maguy Marin
Interprétation David Mambouch
Scénographie Benjamin Lebreton
Lumières Alex Bénéteaud
Création sonore David Mambouch
Son Antoine Garry
Aide à la réalisation des costumes Nelly Geyres

Production déléguée extrapole
Coproductions Théâtre Garonne ; Latitudes prod ; Daejeon arts center ; Marseille objectif Danse ; Compagnie Maguy Marin ; Ad Hoc ; extrapole
Remerciements à Mix’art Myrys ; L’Usine/Toulouse.

Tournée :
Du 9 au 12 mars 2016 : Comédie de Saint-Étienne
Du 16 au 24 mars 2016 : TNP, Villeurbanne